ℹ️ Information importante : Cette FAQ est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Pour toute question spécifique, consultez vos conseils juridiques.
1. Généralités LCB-FT
R : LCB-FT = Lutte Contre le Blanchiment de capitaux et le Financement du Terrorisme.
Ensemble de dispositifs réglementaires et opérationnels visant à :
R : Supervision directe AMLA selon les critères définis par le RTS en cours de consultation — les modalités exactes de sélection ne sont pas encore fixées définitivement. Les critères envisagés incluent :
Activité transfrontière significative : l'entité opère dans au moins 6 États membres (par établissement et/ou en libre prestation de services), au sens du cadre AMLA.
Score de risque résiduel élevé selon la méthodologie harmonisée (et les normes techniques associées).
Seuil par État membre : 20 000 clients OU 50 M€ de transactions (sans exigence de cumul), utilisés pour apprécier la matérialité de l'activité dans l'État concerné.
Sinon : Vous restez sous supervision nationale (ACPR en France) selon la même méthodologie AMLA harmonisée.
Directe (AMLA) : Environ 40 groupes complexes/transfrontaliers. AMLA supervise via des Joint Supervisory Teams (JST) mixtes AMLA + superviseurs nationaux.
Indirecte (nationale) : Tous les autres établissements. Supervision par l'autorité nationale (ACPR/AMF en France) mais selon la méthodologie AMLA harmonisée.
R : Équipe de supervision mixte AMLA + superviseurs nationaux pour les entités sous supervision directe.
Fonctionnement :
Coordination par l'AMLA
Expertise locale des superviseurs nationaux
Décisions collégiales
Modèle inspiré du MSU (Mécanisme de Surveillance Unique) de la BCE
R :
2027 : Première sélection des entités éligibles à la supervision directe
2028 : Démarrage effectif de la supervision directe AMLA
3. ÉVALUATION DES RISQUES
3. Évaluation des risques
R : BWRA = Business-Wide Risk Assessment (Évaluation des Risques à l'échelle de l'Entreprise)
Document identifiant et évaluant les risques BC/FT de l'établissement selon :
Clients
Produits/services
Canaux de distribution
Zones géographiques
Mise à jour : Revue régulière, dont la fréquence doit être adaptée au profil de risque de l'entité — aucun minimum universel n'est fixé par les textes. Revue obligatoire à chaque changement significatif de l'activité ou du contexte réglementaire.
R :
Risque inhérent : Exposition brute aux risques ML/TF avant application des contrôles (clientèle, produits, canaux, géographie)
Risque résiduel : Risque inhérent après prise en compte de la qualité des contrôles LCB-FT mis en place
Le risque résiduel est déterminé en ajustant le risque inhérent par la qualité des contrôles, selon une méthodologie harmonisée pour superviseurs :
Scores de risque inhérent : 1 (faible) à 4 (élevé)
Qualité des contrôles : A (très bonne) à D (faible)
Risque résiduel : déterminé par mapping entre ces deux dimensions
Note : La relation exacte entre risque inhérent, qualité des contrôles et risque résiduel est définie par la méthodologie AMLA et ne suit pas une formule arithmétique simple.
Obtenir l'accord d'un membre de l'organe exécutif ou d'une personne habilitée avant d'établir ou poursuivre la relation
Prendre des mesures raisonnables pour déterminer l'origine de la fortune et des fonds
Surveillance renforcée continue de la relation d'affaires
R : Mesures de vigilance allégées pour clients présentant un faible risque :
Établissements de crédit/financiers régulés dans l'UE
Sociétés cotées soumises à obligations de transparence
Administrations publiques UE
Attention : Jamais de simplification en présence de soupçon de BC/FT.
R : Mesures additionnelles pour clients à risque élevé :
PPE
Clients de pays tiers à risque élevé (liste UE)
Transactions complexes ou inhabituelles
Relations d'affaires à distance
Schémas atypiques
Mesures : Vérifications supplémentaires, origine des fonds/fortune, approbation direction, surveillance accrue.
R :Pays tiers à haut risque (LCB-FT) = Liste établie par la Commission européenne identifiant les pays présentant des carences stratégiques en matière de LCB-FT, en prenant en compte les évaluations du GAFI.
Obligation : Vigilance renforcée sur clients/transactions liés à ces pays.
À ne pas confondre avec :
ETNC/PNPF (États et Territoires Non Coopératifs / Pays Non ou insuffisamment Coopératifs en matière Fiscale) = liste UE à des fins fiscales (lutte anti-évasion), distincte de la LCB-FT.
Références (liste UE des pays tiers à haut risque – AML/CFT) :
Commission européenne – "High-risk third countries" (liste et mises à jour)
Règlement délégué (UE) 2016/1675 (modifié) + derniers règlements délégués de mise à jour (ex. Règlement délégué (UE) 2025/1184)
R : Surveillance continue et automatisée des transactions pour détecter des schémas suspects de BC/FT.
Méthodes :
Scénarios de détection (règles métier)
Seuils (montants, fréquences)
Comparaison avec profil client attendu
Analyses comportementales
R : Règle automatisée déclenchant une alerte en cas de comportement transactionnel atypique.
Exemples :
Transactions fragmentées (structuring/smurfing)
Dépôts/retraits cash élevés
Virements vers zones à risque
Round amounts récurrents
Transactions hors profil client
R :
Objectif : Réduire la charge opérationnelle sans dégrader la capacité de détection.
Méthodes :
Tuning régulier des scénarios (ajustement seuils, règles)
Enrichissement des profils clients (mieux connaître l'activité normale)
Segmentation fine (règles différenciées par typologie client)
Machine learning (apprentissage des vrais/faux positifs)
Pilotage par KPIs internes :
Taux d'alertes pertinentes
Temps moyen de traitement
Taux d'escalade en déclaration de soupçon
Délai entre génération alerte et déclaration TRACFIN
Note : Il n'existe pas de norme réglementaire sur le taux acceptable de false positives. Le pilotage doit être adapté au profil de risque et à l'activité de l'établissement.
R : Vérification automatisée que les clients/transactions ne concernent pas des personnes/entités sous sanctions (gel des avoirs).
Listes/mesures à couvrir (France) :
Mesures UE (gel des avoirs)
Mesures ONU
Mesures nationales applicables
S'appuyer notamment sur le registre national des gels (article R.562-2 CMF)
Listes additionnelles (selon contexte business) :
Listes OFAC (USA) : souvent ajoutée pour des raisons business/risque en cas d'exposition US (US nexus, correspondent banking, contreparties américaines), mais pas une obligation générale française
Fréquence : Screening en temps réel (onboarding, transactions) + batch périodique (portefeuille existant).
R :
Screening sanctions : Vérification de non-présence sur listes de gel des avoirs (interdiction transactionnelle immédiate)
Screening PPE : Identification de personnes politiquement exposées (vigilance renforcée obligatoire, pas d'interdiction automatique)
Les deux peuvent être combinés dans un même outil.
6. DÉCLARATIONS TRACFIN
6. Déclarations TRACFIN
R : TRACFIN = Traitement du Renseignement et Action contre les Circuits FINanciers clandestins
Cellule de renseignement financier (CRF) française, placée sous l'autorité du Ministère de l'Économie.
Mission : Recevoir, analyser et transmettre aux autorités judiciaires les déclarations de soupçon.
R :Dès que vous savez, soupçonnez ou avez de bonnes raisons de soupçonner qu'une opération :
Provient d'une infraction passible de plus d'1 an de prison
Participe au financement du terrorisme
Critères :
Opérations atypiques/incohérentes avec le profil
Refus du client de fournir des informations
Utilisation de structures opaques
Origine/destination géographique à risque
R :Obligation légale : "sans délai" dès le soupçon.
En pratique :
Déclaration avant exécution de l'opération si possible (pour permettre une éventuelle opposition)
Si déjà exécutée : déclaration dès identification du soupçon
Bonne pratique : Traitement et déclaration dans les meilleurs délais (jours, pas semaines).
Référence : Article L.561-15 Code monétaire et financier
R :NON. Strictement interdit (obligation de confidentialité - interdiction du "tipping-off").
Exception : Avocats peuvent en informer leur ordre professionnel dans certains cas prévus par la loi.
RCCI (Responsable de la Conformité et du Contrôle Interne)
Missions LCB-FT communes :
Définir la politique LCB-FT
Coordonner la mise en œuvre du dispositif
Assurer la veille réglementaire
Reporting à la direction/organe de surveillance
Interlocuteur des autorités de supervision
Obligation : Rattachement à l'organe de direction ou à la direction générale selon la structure de l'entité (art. L.561-32 CMF), indépendance opérationnelle, moyens suffisants.
R :
1ère ligne : Opérationnels (commerciaux, back-office) → Appliquent les contrôles quotidiens (contrôles de 1er niveau)
2e ligne : Conformité, Risques → Définissent les politiques, contrôles permanents de 2e niveau
3e ligne : Audit interne → Contrôles périodiques, indépendance totale
Principe : Les 3 lignes doivent être distinctes et indépendantes.
R :Aucun minimum légal chiffré universel, mais obligation de moyens :
Moyens proportionnés à la taille, la nature et le risque de l'activité
Outils (logiciels monitoring, screening, gestion des alertes, reporting)
Benchmark indicatif (variable selon activité) : 1 ETP LCB-FT pour 50-100 ETP total — pratique de marché observée, sans base légale universelle.
R : L'externalisation complète de la fonction conformité LCB-FT est très encadrée :
Pour les établissements de crédit, PSP, EME :
Une personne physique interne identifiée reste obligatoire comme responsable
Certaines briques opérationnelles peuvent être externalisées sous régime d'externalisation maîtrisé (avec maintien du pilotage et de la responsabilité en interne)
Pour d'autres assujettis (plus petits) :
Externalisation possible dans certains cas, avec accord/supervision de l'autorité
Exigences en cas d'externalisation :
Responsable interne clairement identifié
Dispositif de pilotage et contrôle effectif
Conformité aux règles d'externalisation (convention, droits d'audit, etc.)
R : La direction générale approuve :
La politique LCB-FT
Le BWRA (évaluation des risques)
Les ressources allouées à la fonction
Un membre de l'organe exécutif ou une personne habilitée par lui approuve les relations avec les PPE (art. R.561-20-2 CMF)
+ Reçoit un reporting régulier (au moins annuel) et porte la culture LCB-FT de l'établissement (tone at the top).
9. FORMATION & SENSIBILISATION
9. Formation & Sensibilisation
R :Tous les collaborateurs dont l'activité expose l'établissement au risque BC/FT :
Conseillers commerciaux / relation client
Back-office
Conformité
Direction
IT (si accès aux outils LCB-FT ou aux données sensibles)
Fréquence : Formation initiale + mise à jour régulière selon évolutions réglementaires et organisationnelles.
Référence :
Article L.561-34 CMF (formation des personnes énumérées à L.561-2)